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Rubrique Livres du voyage en IndeDans son livre Dans les pays de l’Axe du mal, à paraître en septembre, Tony Wheeler relate sa propre expérience de voyageur dans les pays aux régimes les plus répressifs. Dans cet ouvrage, il décrit la vie dans ces pays mis au ban d’une partie de la communauté internationale. Nous l'avons rencontré pour vous en avant première...

Petite visite touristique des pays les plus infréquentables de la planète...

Tony Wheeler tente de définir ce qu’on entend par États bannis et évalue la portée de ce terme. Il revient sur leur histoire, démystifie les idées reçues, en particulier grâce aux rencontres qu’il fait tout au long de sa route. Tony Wheeler offre à la fois un carnet de voyage et un commentaire politique et social  sur les neuf pays qu’il a visités : l’Afghanistan, l’Albanie, la Birmanie, Cuba, l’Iran, l’Irak, la Libye, la Corée du Nord et l’Arabie Saoudite.

Dans les pays  de l’axe du mal, de Tony Wheeler
Collection : Écrivains Voyageurs / Lonely Planet / 21 €
Publié le 20 septembre 2007

Entretien avec Tony Wheeler

Q : Quels problèmes spécifiques avez-vous rencontré pour écrire ce livre ? Le plus difficile a été de ne pas mettre en danger les personnes que je mentionne. Tout est vrai sauf les noms que j’ai du modifer.

TW : Qu’est ce qui vous a donné l’idée de créer le Malomètre® ? Après avoir écrit ce livre, je me suis dit qu’il fallait trouver un moyen de mesurer le mal, de déterminer le degré de perversité de ces pays, ou simplement de savoir s’ils étaient réellement mauvais. Pour certains, je reviens sur leur histoire pour connaître leur situation au moment où ils ont été inscrits sur  la liste des parias. Dans le cas de l’Albanie, il s’agit de l’époque d’Enver Hoxha. En Afghanistan, c’est au moment où les Talibans étaient au pouvoir. Pour la Corée du Nord, c’est ce qui s’y passe maintenant.
 
Quel est l’endroit le plus étrange que vous ayez visité ?
Sans hésitation : la Corée du Nord. On se croirait dans un décor de cinéma, avec des façades et rien derrière. Par exemple, on dit que le métro de Pyongyang n’a que deux stations, construites uniquement pour les montrer aux touristes. Tout le reste du réseau serait artificiel ou ne serait simplement jamais utilisé. Au cours de mon voyage, j’ai rencontré un diplomate qui disait avoir souvent utilisé le métro et que celui-ci fonctionnait normalement. Mais il faut dire qu’en tant que visiteur, notre accès est tellement restreint que les rumeurs vont bon train. Cette isolement, ce manque de contact et d’information, cette absence totale de marques et de produits occidentaux contribuent à rendre ce pays très étrange.

Avez-vous eu des surprises ?
En Arabie Saoudite il n’y a pratiquement pas de tourisme étranger en dehors du tourisme religieux des pèlerins musulmans. J’ai été surpris de découvrir qu’il était très facile de circuler dans le pays, et surtout, que les visiteurs non-musulmans peuvent y trouver un grand intérêt. Malheureusement, à la différence de l’Afghanistan et de l’Iran, par exemple, la plupart des sites religieux sont fermés aux non-musulmans. Bien sur le point de vue d’une femme qui visite l’Arabie Saoudite est totalement différent. L’Iran m’a surpris aussi par le côté chaleureux et ouvert des Iraniens, leur intérêt pour ce qui se passe en dehors de leurs frontières, leur franc-parler, l’étonnante spontanéité des femmes (un contraste très net par rapport aux autres pays islamiques décrits dans le livre) et par la relative ouverture des mosquées et sites d’autres religions. En Arabie Saoudite, les incroyants sont totalement bannis des mosquées. A Esfahan, en Iran, on a insisté pour que je retourne visiter une mosquée afin de pouvoir l’apprécier pleinement de jour comme de nuit.

Extraits de "Dans les pays de l’axe du mal"

dans_les_pays_de_l_axe_du_malCorée du Nord
"Vous savez, c’est vous qui êtes vraiment l’axe du mal", postillonne notre guide sur sa chope de bière dans un restaurant de Pyongyang. « Dès que je vous dis de ne pas prendre de photo, vous sortez l’appareil et vous vous penchez par la vitre. Vous vous baladez sans guide, on ne peut même pas garder un œil sur vous. Vous ricanez – oui, je dis bien "ricanez" – quand les guides locaux discourent sur les réalisations du Grand Dirigeant. Il va y avoir un rapport après ce voyage, je le sais. Je risque de perdre mon boulot. Au minimum, on va m’envoyer au lac Chon pour encadrer des groupes pendant les six mois d’hiver."

Arabie Saoudite 
"Les touristes japonaises sont incroyables, m’a raconté un guide marocain. Elles achètent des abaya fabriquées à Tokyo pour pouvoir les porter à la descente de l’avion. Certaines autres touristes en achètent une à l’arrivée et ensuite, elles passent leur temps à demander à quel moment elles doivent la porter, à quel moment elles peuvent l’enlever… Je crois bien que les Japonaises la portent même dans leur chambre d’hôtel."

"Tandis que je fais la queue au contrôle d’identité à l’aéroport de Najran, je jette discrètement un coup d’œil par-dessus l’épaule de la femme qui me précède. Je me demande bien ce qu’il peut y avoir sur sa carte d’identité. Si une Saoudienne part à l’étranger, il faut forcément que sa photo figure sur son passeport. Les autres pays ne vont pas accepter le portrait de quelqu’un avec un sac noir sur la tête. Ici, la question de la photo sur le permis de conduire ne se pose évidemment jamais, mais que montrent donc les Saoudiennes sur leur carte d’identité ? Réponse : la photo de leur mari."

En Albanie 
"À la mort [d’Hoxa], en 1985, l’Albanie comptait un bunker pour quatre habitants. Érigés sur tous les points stratégiques, ils avaient colonisé aussi bien les cols montagneux que les plages reculées, l’entrée des ports que l’approche des aéroports. Leur construction a nécessité trois fois plus de béton qu’en France celle de la ligne Maginot. Si cette dernière n’empêcha pas l’invasion allemande, les bunkers d’Hoxha n’eurent quant à eux jamais à subir la moindre attaque. Mais qui aurait voulu envahir l’Albanie ?"

À Cuba
"Mais le gros problème sur la route à Cuba, c’est la signalisation. Ou plutôt, sa totale absence. Une fois épuisé le budget annuel en peinture pour les inévitables slogans «Le socialisme ou la mort»… il n’est plus rien resté pour les panneaux routiers. Ne pas être agressé en permanence par les publicités du monde occidental est une chose. Ne jamais savoir s’il faut tourner à droite, à gauche ou continuer tout droit chaque fois qu’on arrive à un carrefour en est une autre."

En Libye
"Kadhafi, avec son penchant pour les déguisements, a toujours été le Peter Pan des dictateurs. Un jour, il s’inspirait de Hollywood (costume de cheikh du désert puis tenue de safari), le lendemain de la rock’n’roll attitude (uniformes militaires à la Sergeant Pepper et costard dandy à la Brian Ferry). Et comme la Libye a toujours eu un petit côté Neverland, et que le Colonel se montre aussi versatile en politique que dans ses choix vestimentaires, ce pays dégage une indéniable touche michael-jacksonienne."

A propos du Malomètre®
"L’évaluation du caractère infréquentable d’un pays n’est pas une science exacte. J’ai eu l’occasion de me rendre compte à d’innombrables reprises lors de mes voyages dans les États malfrats qu’il y a toujours deux manières de considérer une même réalité. Les terroristes d’un pays sont souvent les combattants de la liberté d’un autre. Et comparer les différentes perceptions de ce qui constitue le mal ou l’immoralité revient à essayer de mettre en balance des pommes pourries et des oranges amères. Je vais toutefois faire une tentative en ce sens. J’ai mis au point mon propre instrument de mesure, le Malomètre® et vais passer mes pays scélérats sous cette toise afin de déterminer lequel est le pire de tous."