Le Kaveri - Haute gastronomie indienne à Paris Ouest et Haut-de-Seine

Le Kaveri - Haute gastronomie indienne à Paris Ouest

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Rubrique bibliographie autour de personnalités de l'IndeMariée de force à 12 ans, Sampat Pal ne pourrait se distinguer des millions d'autres femmes indiennes victimes d'une système quasi féodal si elle ne s'était révoltée en entraînant des milliers d'autres femmes dans un gang inédit appelé le gang des saris roses (Gulabi Gang) qui défraye la chronique depuis sa création. Nous avons les premières pages de ce livre saisissant ainsi qu'une invitation exceptionnelle pour la rencontrer à Paris...

Moi Sampat Pal chef de gang en sari rose"Sampat Pal peut nous aider"… Dans les hautes montagnes et les champs inondés de l’Uttar Pradesh, une des plus miséreuses régions de l’Inde, la rumeur court : une femme s’est levée, seule, face à la loi du plus fort. Elle se nomme Sampat Pal, et elle rétablit la justice, à coups de bâton s’il le faut, pour les épouses battues, les pauvres spoliés de leurs biens, les intouchables maltraités par les brahmanes.  Comment cette petite fille, issue de la modeste caste des Gadarias, les gardiens de troupeaux, est-elle devenue une telle combattante ? Une rebelle de la justice ?
C’est son histoire qu’elle raconte ici. Enfant, elle a appris à lire cachée derrière un pilier de l’école inaccessible aux pauvres. Mariée à douze ans, elle s’est d’abord défendue elle-même contre l’injustice de sa belle-famille, puis elle a défendu un voisin, l’amie d’une amie…  Mais il est dangereux de défier les puissants : des dadas, des tueurs à gages, ont été payés pour la tuer. Avec ses enfants, Sampat Pal a dû tout quitter, sa maison, son village. Elle a alors compris quelque chose : toute seule, elle ne pourrait pas lutter longtemps. Mais si d’autres femmes se joignaient à elle, cinq, dix, cent… alors elle pourrait vraiment aider les gens. Aujourd’hui, son Gulabi Gang, le gang des saris roses (en fait plutôt fuchsia), réunit trois mille femmes. Véritable héroïne, Sampat Pal a changé la vie de centaines de personnes autour d’elle, et son combat ne fait que commencer. 

Sampat Pal Devi vit dans l’Uttar Pradesh, en Inde. Elle a 47 ans, a été mariée de force à l’âge de 12 ans et est mère de cinq enfants. Sampat Pal Devi est la fondatrice et le leader du Gang des Saris Roses, depuis deux ans. "Nous ne sommes pas un gang au sens habituel du terme. Nous sommes un gang de justice" précise-t-elle. Elle est aujourd’hui une figure phare de la lutte pour le droit des femmes, en Inde et dans le monde.

Unique rencontre publique en France !

Sampat Pal à la Route des Indes le jeudi 23 octobre à 18h30

La Route des Indes
7 rue d'Argenteuil - 75001 Paris
Métro Pyramides

Moi, Sampat Pal, chef de gang en sari rose
Les premières pages en avant-première !

Moi Sampat Pal chef de gang en sari roseIl est 8 heures du matin. Je me prépare en répétant des gestes devenus mécaniques avec le temps. Dans la pénombre de ma petite chambre, la même qui me sert de quartier général depuis deux ans, je remonte mes longs cheveux en chignon. Puis je déplie mon sari rose pour l’enrouler autour de moi. De l’extérieur me parvient déjà la clameur de la foule, une foule sur le pied de guerre, qui n’attend qu’un mot de moi pour se soulever et crier plus fort encore. Ça y est, je suis prête. J’attrape mon bâton et sors enfin sous le porche. Au moment où je passe la porte, une forêt de bâtons se dresse dans le ciel et un chœur de voix enthousiastes m’accueille en rugissant :
- Gulabi gang ! Gulabi gang !

La rue, d’ordinaire si calme à cette heure matinale, est en ébullition. Je réponds aux membres de mon gang avec les mêmes mots, galvanisée par le spectacle qui s’offre à moi : la route cabossée d’Atarra et les petites maisons de béton qui la bordent ont disparu, englouties par une véritable marée rose. Cette nappe humaine se compose de femmes de tout âge, revêtues de l’uniforme de notre gang, ce sari fuchsia qui nous a rendues célèbres. Elles sont environ cent cinquante, peut-être deux cents. La plupart sont issues de castes inférieures et vivent dans des conditions misérables. Pourtant, elles n’ont pas hésité à quitter leur foyer, à laisser en plan leurs modestes activités pour répondre à mon appel. Certaines sont venues en carriole ou en taxi collectif de villages proches, d’autres ont fait du stop ou ont pris le train pour parcourir pendant la nuit plusieurs dizaines de kilomètres. Il a suffi, hier soir, que je passe quelques coups de fil à mes différentes collaboratrices basées dans les villages des environs. En quelques heures, elles ont fait passer le mot autour d’elles, en allant frapper aux portes et en multipliant les annonces sur les places :
- Sampat Pal a besoin de vous. Présentez-vous à son bureau demain matin à la première heure. Et venez en tenue !

Moi Sampat Pal chef de gang en sari rose[...] s’il est facile d’envoyer bouler une femme seule, il est impossible de se débarrasser d’une centaine d’entre elles. C’est pour cela que j’ai créé le Gulabi gang il y a deux ans : pour faire pression et réclamer justice. Pourquoi une bande de femmes ? Parce que c’est grâce à elles que la société changera. Elles sont les plus vulnérables, mais aussi les plus fortes, car plus solidaires que ne le seront jamais les hommes. Unies, nous avons le pouvoir de renverser l’ordre établi.
Je n’ai rien vécu d’exceptionnel et n’ai pas plus souffert que les autres. Née dans une famille pauvre, issue de l’une des castes les plus méprisées et n’ayant pas fait d’études, je suis juste une femme comme il y en a des millions en Inde. Mon mari m’a été imposé, mon milieu, je l’ai subi pendant longtemps : comme tant d’autres, j’aurais pu devenir une victime. Mais un jour, j’ai dit non à la loi des hommes. Cela n’a pas été facile, mais j’ai réussi à choisir ma vie. Aujourd’hui, je suis chef de gang et je défends toutes les victimes d’injustices : des gens pauvres, exploités, rackettés, expropriés, méprisés par la société, victimes de violences arbitraires et de fonctionnaires corrompus. Je sais que ma cause est juste. Cette certitude m’enlève toute peur. L’autorité ne m’impressionne pas. J’apostrophe un commissaire de police de la même façon que je sermonne un paysan de ma propre caste de bergers. Je le menace avec la même virulence, le harcèle avec autant de détermination. Je ne suis pas très grande, mais je suis dotée d’une constitution solide et je sais jouer de mon regard perçant pour en imposer. Ma voix est puissante, les gens m’écoutent. Je suis une femme : pour me faire entendre, il faut que je crie plus fort que les autres. De façon pacifique dans la mesure du possible. Avec les poings si nécessaire.