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iap_vig_3.jpgJhoom Barabar Jhoom, film dont la sortie est prévu en Inde le 15 juin, occupe une place spéciale dans le cœur des Bollywood fans français dans la mesure où l'un des clips a été tourné à Paris sur plusieurs sites parmi lesquels, le Louvre, le Trocadéro, les quais de Seine, les Champs-Élysées et la Place Vendôme  Sur le site du Trocadéro nous avions alors pris des centaines de photos disponibles dans la galerie photos...

Un nom pour un autre

Biographie de Mira Nair - Gagnez vos places ! - Forum du film

et sur indeenlivres.com :

Le livre - Biographie de Jhumpa Lahiri - Entretien avec Jhumpa Lahiri

Liens utiles : Site officiel - anglais - français

Vidéos : Bande annonce & extraits sur Allo Ciné
  

Présentation

un_nom_pour_un_autre_smPeu de temps après leur mariage arrangé, Ashoke et Ashima quittent Calcutta pour New York. Etrangers l’un à l’autre comme à ce nouveau pays, ils s’efforcent de s’adapter. Ashima donne bientôt naissance à un fils qu’Ashoke baptise du nom du célèbre auteur russe, Gogol.

Jeune Américain de la première génération, Gogol doit se forger sa propre identité entre ses racines bengalies et sa nationalité américaine. Attiré par le mode de vie qui fait son quotidien, il rejette ses origines et fréquente une jeune Américaine. De leur côté, Ashoke et Ashima s’accrochent à leurs traditions…

Pour Gogol, chaque situation provoque un choc entre les deux cultures dont il est issu, mais au-delà de ce que cela engendre de drôle ou de douloureux, le jeune homme finira par dépasser tout ce qui sépare pour découvrir ce qui réunit…


Notes de production

L’âme entre deux mondes

Deux générations, deux modes de vie différents pour un choc des cultures qui finira par faire naître l’amour… Mira Nair, à qui l’on doit Salaam Bombay!, Vanity Fair, La foire aux vanités et Le mariage des moussons, signe aujourd’hui son film le plus personnel. De Calcutta à New York, deux villes vibrantes et hautes en couleur, Un nom pour un autre brosse le portrait d’une famille américaine contemporaine un peu différente, venue pour s’épanouir dans un monde d’opportunités illimitées, et qui s’efforce de donner un sens à sa vie dans une société inconnue qui la déconcerte…

Un nom pour un autre est l’adaptation du best-seller de Jhumpa Lahiri, "Un nom pour un autre", qui a ému les lecteurs du monde entier par son regard humaniste sur une expérience de déracinement universelle. Ayant grandi à Rhode Island, étant elle-même à la fois indienne et américaine, Jhumpa Lahiri a écrit sur un sujet qu’elle connaît bien. Tout comme "L’Interprète des maladies", son recueil de nouvelles lauréat du prix Pulitzer, ce premier roman a été salué. Cet émouvant portrait a touché des millions de personnes de toutes origines dans le monde entier… En fin de compte, "Un nom pour un autre" raconte comment les sacrifices faits par une génération ont permis à la suivante d’avoir ses chances.

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Mira Nair raconte : "Le roman m’a frappée, en partie parce que l’histoire reflétait ma propre expérience. Quand je l’ai lue, j’ai eu l’impression de rencontrer quelqu’un qui comprenait ma souffrance, qui avait connu tout ce que j’avais traversé. C’était une histoire profondément humaine sur des millions de personnes qui ont quitté un foyer pour en trouver un autre et qui doivent apprendre à vivre entre leur ancien monde et le nouveau."

Révélée avec Salaam Bombay!, Mira Nair a toujours signé des films au croisement de plusieurs cultures, que ce soit avec la comédie romantique Mississippi Masala, avec Denzel Washington et Sarita Choudhoury, la romance Kama Sutra : Une Histoire d'amour, ou Le mariage des moussons, Lion d’or au Festival de Venise, ou encore Vanity Fair, La foire aux vanités, avec Reese Witherspoon.

"Cette histoire était une chance d’unir deux mondes aussi excitants l’un que l’autre, que je connais et que j’aime, et dans lesquels j’ai vécu toute ma vie. Je voulais aussi capturer visuellement le sentiment étourdissant qu’on éprouve lorsqu’on est un immigrant, qu’on est physiquement à un endroit mais qu’on a l’impression que son âme est ailleurs…"

Mira Nair a commencé par rencontrer Jhumpa Lahiri et s’entretenir longuement avec elle. Elle a même rendu visite à plusieurs membres de sa famille pour approcher de manière encore plus intime les personnages, leur parcours et les pressions qu’ils ressentent en évoluant entre deux univers si différents.

La réalisatrice souhaitait être aussi fidèle que possible à l’histoire de Jhumpa Lahiri. Le seul changement majeur qu’elle a apporté aux personnages a été de faire d’Ashima une chanteuse, ce qui lui a permis d’intégrer au film la beauté et l’émotion de la musique indienne. Pour écrire le scénario, elle a fait appel à Sooni Taraporevala, amie et collaboratrice de longue date, avec qui elle a étudié à Harvard et travaillé sur Salaam Bombay! et Mississippi Masala.

Un jeune américain venu d'Inde

Le personnage central est un jeune Américain né de parents bengalis et baptisé Gogol, comme l’auteur russe. Au milieu de cette confusion culturelle, le jeune homme se cherche une identité. Rebelle, drôle, intelligent et définitivement américain par ses goûts et ses manières, il fallait pour l’incarner un Américain d’ascendance indienne. Les cinéastes ont trouvé l’interprète idéal avec Kal Penn, un acteur issu d’une famille indienne né dans le New Jersey, que l’on a vu récemment dans 7 ans de séduction et Superman Returns.
Kal Penn était ravi de travailler sous la direction de Mira Nair : c’est en effet en voyant son film Mississippi Masala lorsqu’il était enfant qu’il a décidé de devenir acteur.

Mira Nair commente : "Kal m’a émue. Il est honnête et franc, et il a su saisir à la perfection l’angoisse existentielle de Gogol, et aussi son évolution, sa maturité. Pour lui, ce rôle était très personnel parce qu’il parle aussi en quelque sorte de sa famille et d’où il vient. Il a eu le sentiment authentique que ce rôle était le sien et il l’a pris très au sérieux. Lorsque j’ai lu le livre, confie l’acteur, j’ai été ému aux larmes et j’ai aussi beaucoup ri. J’ai su tout de suite que c’était quelque chose d’unique. Même si Gogol est différent de moi par bien des aspects, sa lutte intérieure pour trouver sa propre identité me parlait de façon immédiate et profonde.

"J’étais très attiré par la chance de pouvoir apporter quelque chose de neuf à l’histoire classique d’un jeune homme qui devient adulte, en traitant les choses du point de vue d’un immigrant de la première génération. Je me considère comme étant totalement Américain, et je reste convaincu que ce sont les histoires des immigrants qui définissent réellement l’expérience américaine. Cette histoire détruit une idée fausse qui voudrait qu’un jeune Américain ait un physique particulier ou une tradition particulière. Ce film nous rapproche de la base de l’expérience américaine : ce sont d’innombrables histoires partagées de gens qui viennent du monde entier, pleins d’espoirs."

Pour garder sa fraîcheur au personnage, Kal a décidé de ne lire aucun des livres de Nikolaï Gogol, afin de pouvoir être exactement comme Gogol Ganguli, coupé de cette partie de son histoire.

Tandis que Gogol grandit, Kal Penn a dû subir plusieurs transformations physiques. L’une des scènes les plus spectaculaires est celle où il se rase la tête pour exprimer sa souffrance et son retour à ses propres traditions culturelles.
Kal commente : "C’est un moment très fort dans la vie de Gogol, c’est pour cette raison que j’ai décidé de me raser réellement la tête. C’est un moment qui restera en lui pour toujours."

Au cours de son évolution vers l’âge adulte, Gogol va vivre deux histoires d’amour très différentes, la première avec une jeune fille américaine riche, et la seconde avec une jeune intellectuelle bengalie séduisante, qui va compliquer encore un peu plus sa vie.
Kal Penn commente : "C’était très intéressant de jouer avec deux actrices aussi différentes. Mira nous a permis d’explorer de manière absolue deux styles de relations, qui toutes deux contribuent à faire mûrir le personnage."

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Un amour bengali à New York

Si Gogol évolue beaucoup au fil des ans, ses parents, Ashima et Ashoke, suivent un parcours encore plus chaotique : ils sont d’abord deux jeunes époux mariés sans se connaître, puis des immigrants submergés par une vie nouvelle dans un pays inconnu, puis ils deviennent parents et finalement, ils formeront un couple qui s’aime profondément et affronte les grands changements de la vie.
Pour Mira Nair, l’histoire d’amour entre ces deux personnages est au centre de Un nom pour un autre. "C’est une histoire d’amour profonde mais peu conventionnelle. Ils ne se connaissent absolument pas quand on les marie, et nous les voyons ensuite tomber peu à peu amoureux au fil des ans. C’est un amour dans lequel on ne dit pas "je t’aime" dix fois par jour, mais qui existe dans la manière dont ils se regardent. Un sentiment qui est peut-être masqué par la notion de propriété, mais qui existe néanmoins, bouillonnant et passionné, plein d’humour et de fantaisie, comme n’importe quelle histoire d’amour d’aujourd’hui."

Pour jouer Ashima, Mira Nair a choisi Tabu, une star de Bollywood qui compte plus de 70 films à son actif. La réalisatrice explique : "Tabu est l’une des plus grandes actrices d’Inde, et l’une des rares que je voyais capable de jouer aussi bien une jeune fille de 23 ans espiègle et joyeuse sur le point de découvrir sa vie, qu’une femme de 48 ans pleine de dignité et de gravité qui a connu la naissance, la mort et les épreuves."
Jhumpa Lahiri commente : "Tabu a trouvé le juste mélange pour révéler Ashima, un être vulnérable, perdu et qui a souffert de tout ce qu’elle a traversé, mais qui est aussi forte, qui est une vraie survivante."

Tabu déclare : "Même si elle vit en Amérique, Ashima est véritablement indienne de cœur, et je m’y suis totalement identifiée. Je ne suis pas une immigrante mais je me suis toujours demandé comment ces gens pouvaient accomplir toutes ces incroyables transitions, partir pour un nouveau pays où tout est si différent, où la famille, le mariage, toutes les institutions obéissent à d’autres règles... Il faut se recréer une réalité complètement différente. Ashima est une femme très indienne mais elle doit trouver comment créer une famille aux Etats-Unis sans se perdre elle-même.
"Le film est riche de thèmes universels. Il parle de l’Amérique, de ce que c’est que d’être une famille américaine, mais il traite avant tout d’un sujet qui touche tout le monde : la famille. Il parle de gens qui sont venus de pays très différents et ont choisi un nouveau pays pour foyer, tout en essayant de conserver leur culture et de la transmettre aux générations suivantes. C’est une magnifique expérience qui nous intéresse tous."
Tabu retrouve sur Un nom pour un autre l’acteur indien Irrfan Khan, avec qui elle avait déjà tourné à Bollywood. "Nous étions heureux de travailler à nouveau ensemble après un film indien qui avait été très noir et complexe. Nous incarnons ici un couple aimant, et Irrfan et moi avions une relation très agréable sur le plateau qui se ressent à l’écran."

Le plus difficile pour l’actrice a été de vieillir grâce au maquillage. "La première fois, je n’osais pas ouvrir les yeux ! raconte-t-elle. Je ne voulais pas me voir à 50 ans ! Maintenant que je sais à quoi je ressemblerai, cela ne me fait plus peur. Ashima arrive à un moment de sa vie où elle peut regarder en arrière, voir ce qu’elle a vécu de bon et ce qui a été difficile, voir d’où elle vient, où elle en est et où elle veut aller. Tout cela est exprimé de manière magnifique et très forte."

Ashoke est interprété par Irrfan Khan, que Mira Nair a découvert il y a quelques années et à qui elle avait confié un petit rôle dans Salaam  Bombay! Il est depuis devenu un acteur indien réputé internationalement.
La productrice Lydia Pilcher commente : "Irrfan a apporté une dimension contemplative à ce personnage. On a le sentiment d’un homme qui a survécu à une catastrophe et qui a vraiment compris que l’on doit vivre chaque jour comme un précieux cadeau."
Mira Naira joute : "Irrfan est un grand acteur, et Tabu et lui ont une véritable alchimie ensemble. On ressent vraiment l’amour de ces deux personnages qui grandit dans chaque scène ; ils jouent à la perfection ces émotions bridées, gardées à l’intérieur."
Kahn observe : "Ashoke est quelqu’un d’introspectif et de taciturne, il ne parle pas de ses sentiments. Il garde tout pour lui et montre en surface un grand calme. La difficulté a été de permette de voir ce qui se passait à l’intérieur d’Ashoke simplement par sa présence."
L’acteur n’avait jamais vu New York avant le tournage. Il a lui-même vécu un choc des cultures sur le tournage. "L’Amérique me fascine, confie-il. C’est un pays fantastique où il se passe énormément de choses. Cette expérience m’a permis de mieux comprendre l’attirance qu’éprouve Ashoke pour New York et le mode de vie américain, malgré son sentiment de solitude."


Femmes de deux univers

Pour jouer Maxine, la jeune Américaine qui va inviter Gogol à faire partie de sa famille, les cinéastes ont choisi Jacinda Barrett, interprète de La couleur du mensonge, Bridget Jones : L’âge de raison et Poseidon. Elle explique : "Maxine entre dans la vie de Gogol à un moment où il essaie de se forger son identité en fuyant sa famille et sa culture. Il trouve un refuge dans celles de la jeune femme. Maxine est une artiste un peu bohème typique de l’Upper East Side, et elle aime réellement Gogol. Mais ils commettent tous les deux une erreur dans leurs relations : Gogol ne donne jamais accès à son vrai monde à Maxine, et elle lui permet de devenir une partie de sa famille sans devenir elle-même une partie de la sienne.
"Tout le monde peut se sentir proche de ce que traverse Gogol : nous connaissons tous ce moment de la vie où en grandissant, on se sent soudain plus proches de nos parents, même si on s’éloigne physiquement d’eux. C’est un moment très fort dans la vie. C’est ce qui m’a plu dans cette histoire : elle parle de construire ce que l’on est et de savoir d’où l’on vient et à quel monde on appartient."

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Zuleikha Robinson incarne l’opposée de Maxine, Moushimi. L’actrice, qui a joué la princese arabe de Hidalgo et la fille de Al Pacino dans Le marchand de Venise, a elle-même un riche héritage : elle a des origines birmanes, indiennes, iraniennes, écossaises et anglaises…
"Moushimi m’a tout de suite plu, d’abord parce qu’elle est radicalement différente des personnages que j’ai joués jusqu’ici. Elle est très forte, elle a confiance en elle, elle exprime ses désirs et ses ambitions. Elle peut être manipulatrice et elle est de toute manière une femme complexe.  "Moushimi a des racines indiennes, est née à Londres et est venue à New York – comme moi. Elle était une enfant sans grand attrait, incapable de s’intégrer nulle part, mais en grandissant, elle est allée à Paris, a eu des liaisons et a développé une vraie conscience d’elle-même. Elle arrive comme une tempête dans la vie de Gogol. Ils sont attirés l’un par l’autre parce qu’ils partagent la même expérience de la vie."

Mais malgré tout ce qui les rapproche, Gogol et Moushimi ont une relation explosive. Mira Nair résume : "C’est en partie ce qui fait la beauté du roman de Jhumpa. Aucun des personnages n’est réducteur. Ce n’est pas parce que Maxine est une Américaine privilégiée qu’elle est superficielle ou ignorante des autres cultures, et ce n’est pas parce que Moushimi est bengalo-américaine, qu’elle est allée à l’université de New York, a étudié la littérature française et qu’elle a le même parcours que Gogol qu’ils vont vivre heureux ensemble toute leur vie. L’amour est bien plus compliqué que cela…"


Devant la caméra

Kal Penn - Gogol
Kal Penn était récemment le partenaire de Kevin Spacey dans le film de Bryan Singer Superman Returns, celui de Ben Affleck et Jerry O’Connell dans Man About Town de Mike Binder, et celui de Ashton Kutcher et Amanda Peet dans 7 ans de séduction de Nigel Cole. Il jouera prochainement dans la série à succès "24 Heures chrono", lauréate d’un Emmy, et tiendra le rôle principal de Van Wilder : Rise of the Taj de Mort Nathan.
Après avoir obtenu son diplôme de l’UCLA, Kal Penn a tenu un rôle secondaire dans la comédie télévisée "Express : Aisle to Glory", lauréate d’un Emmy Award, puis a joué dans des séries comme "Spin City", "Buffy contre les vampires", "Sabrina l’apprentie sorcière", et "The Steve Harvey Show".
Il a tenu son premier rôle au cinéma en 1999 dans Freshmen de Tom Huang. En 2001, il joue dans American Desi de Piyush Dinker Pandya, puis dans Hector de Steffen Schlachtenhaufen.
En 2002, il est remarqué pour son interprétation de Taj Mahal Badalandabad dans American Party, Van Wilder Relations publiques de Walt Becker. Il tourne ensuite Malibu’S Most Wanted de John Whitesell et American Made de Sharat Raju. On le retrouve dans Love don't cost a thing de Troy Beyer, avec Christina Milian et Steve Harvey, et Arrangement de Shiraz Jafri.
En 2004, il était Kumar dans Harold and Kumar Go to White Castle de Danny Leiner, avec John Cho. Il a aussi incarné le meilleur ami et collègue de Jamie Kennedy dans Le fils du mask de Lawrence Guterman et a joué dans les films indépendants Sueno de Renee Chabria, et Dancing in Twilight de Bob Roe avec Mimi Rogers et Erik Avati.

Tabu - Ashima
Tabu est née à Mumbai, le foyer du cinéma de Bollywood. Elle a débuté enfant dans le film du légendaire réalisateur et acteur Dev Anand, Hum Naujawan. Elle a tenu son premier rôle principal en 1985 dans Prem. Parallèlement à ses nombreux films bollywoodiens, dans lesquels elle s’est imposée comme l’une des grandes actrices d’Inde, elle a joué dans plusieurs films hindis indépendants, et dans des films régionaux en langues tamil et telugu.

Elle est devenue célèbre en remportant le Prix national indien de la meilleure actrice pour Maachis de Sampooran Singh Gulzar en 1997, puis celui de la Critique pour VIRASAT de Priyadarshan en 1998. Elle a à nouveau obtenu le Prix national  pour Chandni Bar de Madhur Bhandarkar en 2001. Parmi ses films les plus récents figurent Maqbool de Vishal Bharadwaj avec Irrfan Khan et Silsilay de Khalid Mohamed. Elle sera prochainement à l’affiche de Fanaa de Kunal Kohli et Luck By Chance, produit par Mira Nair.

Irfan Khan - Ashoke
Diplômé de la prestigieuse Ecole Nationale d’art dramatique de New Delhi, Irrfan Khan a fait ses débuts d’acteur dans SALAAM BOMBAY ! de Mira Nair. Il est devenu très populaire grâce à son rôle dans la série télévisée "Banegi Apni Baat".
Figurant parmi les rares acteurs du cinéma hindi d’âge mûr, il a tenu le rôle-titre du film Maqbool de Vishal Bharadwaj, une version de Macbeth se déroulant à Bombay, et son interprétation lui a valu la totalité des grands prix d’interprétation du cinéma indien. Il a également été salué pour sa prestation dans Hassil.
Il a été l’interprète de The Warrior, du réalisateur britannique Asif Kapadia, lauréat du BAFTA Award du meilleur film en 2003, et a achevé il y a peu le tournage de Partition de Vic Sarin. Il tournera bientôt A Mighty Heart de Michael Winterbottom, avec Angelina Jolie.

Jacinda Barrett - Maxine
Jacinda Barrett a dernièrement joué dans la comédie de Todd Phillips School for Scoundrels, avec Billy Bob Thornton et Jon Heder, Poseidon de Wolfgang Petersen et The Last Kiss de Tony Goldwyn, avec Zach Braff.
Elle a été l’interprète du film indépendant Ripley Under Ground de Roger Spottiswoode, de Bridget Jones : L’âge de raison de Beeban Kidron, avec Renee Zellweger, et de Piège de feu, écrit par Lewis Colick et réalisé par Jay Russell. Elle avait joué auparavant dans La couleur du mensonge de Robert Benton, et sa prestation lui avait valu le Breakthrough Award de Movieline Magazine.
Jacinda Barrett a été l’interprète des films Urban Legend 2 : Coup de Grâce de John Ottman, Campfire Tales de Dave Semel, Immaculate Springs de Dominique A. Faix et Art House de Leigh Slawner.
Elle a joué dans la série télévisée "Citizen Baines". Elle avait auparavant interprété le téléfilm "See You In My Dreams" et la série "D.C.". Elle a fait ses débuts à la télévision avec un rôle régulier dans la série "Real World" en 1995.
Née à Brisbane, en Australie, elle a étudié l’art dramatique à la British Academy of Dramatic Art à Oxford.

Zuleikha Robinson - Moushimi
Née à Londres, Zuleikha Robinson a grandi en Thaïlande et en Malaisie. A 15 ans, elle a découvert sa passion pour le métier d’actrice, ce qui l’a conduite à aller s’installer à Los Angeles pour étudier à l’American Academy of Dramatic Arts.
Après avoir débuté à l’écran dans Time Code de Mike Figgis, elle a tenu son premier rôle important dans Hidalgo de Joe Johnston, puis a incarné la fille de Al Pacino dans Le marchand de Venisede Michael Radford.
Elle a tenu un rôle régulier dans "The Lone Gunman" et est actuellement un personnage de la série "Rome".

Derrière la caméra

mira_nair_1Mira Nair - Réalisatrice et productrice
Cinéaste réputée, Mira Nair est née en Inde et a fait ses études à l’Université de Delhi et à Harvard. Elle a débuté comme actrice avant de réaliser des documentaires dont plusieurs ont été primés, tels "So Far from India" ou "India Cabaret", récompensés à l’American Film Festival.
En 1987, elle écrit et réalise son premier long métrage, Salaam Bombay!. Le film tourne le dos à la tradition indienne des studios pour s’intéresser à la vie des enfants des rues de Bombay. Il a été nommé à l’Oscar du meilleur film étranger en 1988, a remporté la Caméra d’Or et le Prix du Public au Festival de Cannes, et 25 prix internationaux.

Son film suivant, Mississippi Masala, un film avec Denzel Washington sur le racisme et le déracinement, a obtenu trois prix au Festival de Venise dont le Prix du meilleur scénario et le Prix du public. Elle a réalisé par la suite The Perez Family, avec Anjelica Huston et Alfred Molina, puis Kama Sutra ; Une histoire d'amour, une reconstitution de l’Inde du XVIe siècle, et le téléfilm "My Own Country".
Elle est revenue au documentaire en août 1999 avec "The Laughing Club of India", puis a tourné Le mariage des moussons lors de l’été 2000, une comédie sur la classe moyenne indienne. Succès international lauréat du Lion d’Or au Festival de Venise 2001, Le mariage des moussons a été nommé au Golden Globe du meilleur film étranger.

Mira Nair a ensuite réalisé un téléfilm original, "Hysterical Blindness", qui se déroule au sein de la classe ouvrière dans le New Jersey en 1987. Interprété par Uma Thurman, Juliette Lewis et Gena Rowlands, "Hysterical Blindness" a connu le plus haut taux d’audience de HBO, avec 15 millions de téléspectateurs. Il a remporté trois Emmy Awards et Uma Thurman a reçu un Golden Globe pour son interprétation.
A la suite des événements tragiques du 11 septembre 2001, Mira Nair a rejoint dix autres réalisateurs connus pour réaliser un court métrage dans la série "11’09’’01 – September 11 : 11 minutes, 9 secondes, 1 cadre".

En mai 2003, elle a signé le long métrage Vanity Fair, La foire aux vanités, dans lequel elle dirigeait Reese Witherspoon.
Sa société de production, Mirabai Films, produit actuellement une série de quatre films sur les dangers de l’épidémie de Sida en Inde.
En 2003, elle a fondé Maisha, un laboratoire annuel de cinéastes en Ouganda, pour soutenir les scénaristes et réalisateurs visionnaires d’Afrique de l’Est et d’Asie du Sud. Maisha accorde chaque année douze bourses.
Parmi les films que prépare Mira Nair figurent Gangsta, MD, adaptation afro-américaine du blockbuster indien Munnabhai MBBS, et The Impressionist, adaptation du roman épique de Hari Kunzru. Elle tourne actuellement un documentaire de long métrage sur les Beatles en Inde.

Sooni Taraporevala - Scénariste
Scénariste et photographe, Sooni Taraporevala est née en 1957 et a passé sa jeunesse à Bombay. En 1979, elle a obtenu une bourse pour l’université de Harvard, où elle a rencontré Mira Nair en étudiant la littérature anglaise, le cinéma et la photo. Elle est diplômée de la New York University en cinéma.

En 1986, elle a écrit son premier scénario, Salaam Bombay!, produit et réalisé par Mira Nair. Le film a été nommé à l’Oscar du meilleur film étranger et a valu à Sooni Taraporevala le Lillian Gish Award décerné par Women in Film.
Son second scénario, Mississippi Masala, également réalisé par Mira Nair, a obtenu l’Osella Award du meilleur scénario au Festival de Venise 1991.
Elle a aussi écrit Such a Long Journey, d’après le roman de Rohinton Mistry, réalisé par Sturla Gunnarson, qui lui a valu d’être citée au Genie Award canadien. Elle a coécrit "My Own Country", d’après le livre de Abraham Verghese, réalisé par Mira Nair, et la biographie épique DR Babasaheb Ambedkar de Jabbar Patel.

Jhumpa Lahiri - Auteur
Jhumpa Lahiri est née à Londres en 1967 et a grandi à Rhode Island. Elle a une licence de littérature anglaise du Barnard College et une maîtrise d’anglais, une d’écriture scénaristique et une en arts et littérature comparée, ainsi qu’un doctorat sur la Renaissance de la Boston University. Elle a enseigné l’écriture créative à la Boston University, à la Rhode Island School of Design et à la New School University.
Son premier livre, une collection de nouvelles intitulée "L’Interprète des maladies", a obtenu le Prix Pulitzer 2000 de la fiction. Il a été traduit en 33 langues et est devenu un best-seller international. Il a reçu le Pen/Hemingway Award, le New Yorker Debut of the Year Award, l’American Academy of Arts and Letters Addison Metcalf Award et une nomination au Los Angeles Times Book Prize. Lahiri a obtenu une bourse Guggenheim en 2002.
Son premier roman, "Un nom pour un autre", a été un best-seller international majeur et a été élu livre de l’année par le New York Magazine.

Lydia Dean Pilcher - Productrice
Lydia Dean Pilcher est la fondatrice de la société de production new-yorkaise Cine Mosaic. Elle a récemment produit Vanity Fair, La Foire aux Vanités de Mira Nair, avec Reese Witherspoon. Elle a été la productrice exécutive de "Iron Jawed  Angels", avec Hilary Swank et Anjelica Huston, nommé au Golden Globe du meilleur téléfilm.

L’année précédente, Lydia Dean Pilcher a été nommée à l’Emmy, au Golden Globe et au Producer’s Guild Award en tant que productrice exécutive de "Normal", écrit et réalisé par Jane Anderson, avec Jessica Lange et Tom Wilkinson.
Elle a produit par ailleurs "Hysterical Blindness" de Mira Nair, avec Uma Thurman, Gena Rowlands et Juliette Lewis, Jesus' Son d’Alison MacLean, Broadway 39e Rue de Tim Robbins, Chinese Box de Wayne Wang, Kama Sutra : Une histoire d'amour et The Perez Family de Mira Nair, Kill- Off de Maggie Greenwald, ainsi que "Disappearing Acts", et "Pets of Meat : The Return to Flint" de Michael Moore.

Elle a coproduit Un Compagnon de longue date de Norman René, My New Gun de Stacy Cochran et Red Hot + Dance.
L’année dernière, elle a fait équipe avec Mira Nair sur un court métrage sur le 11 septembre pour la série de courts intitulée "11’09’’01 – September 11 : 11 minutes, 9 secondes, 1 cadre"

Elle est vice-présidente de la Producer’s Guild of America East et fait partie du comité de direction de Maisha, un laboratoire de cinéastes qui soutient les scénaristes et réalisateurs d’Afrique de l’Est et d’Asie du Sud.

Yasushi Kotani - Producteur exécutif
Yasushi Kotani est président-directeur général de Entertainment Farm, une société de financement et de production qu’il a créé en 2002. Depuis trois ans, Entertainment Farm s’est impliquée dans cinq films américains dont The Hottest State d’Ethan Hawke, présenté aux Festivals de Venise et de Toronto. La société a aussi financé dix films japonais, dont les films de la franchise J-Horror distribués par Lionsgate. Le plus récent, Retribution de Kiyoshi Kurosawa, a été présenté au Festival de Venise cette année.

Ronnie Screwvala - Producteur exécutif
Ronnie Screwvala est le directeur général et le fondateur de UTV Group. Fondée en 1990, la société a son siège en Inde et des bureaux en Amérique du Nord, en Europe et en Asie du Sud-Est. UTV Group occupe une position leader dans la télévision, le cinéma, la diffusion et l’animation.
En 1981, Ronnie Screwvala a été un pionnier de la télévision par câble en Asie du Sud. En 1992, quand la télévision par satellite a fait son apparition en Asie, il a diversifié les activités de UTV vers les programmes TV, le doublage, la postproduction et les films. Il a ensuite développé l’animation.

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Frederick Elmes, A.S.C. - Directeur de la photographie
Frederick Elmes est réputé pour son travail avec David Lynch sur Sailor et Lula, lauréat de la Palme d’or à Cannes, Blue Velvet, Eraserhead et le court métrage "The Amputee". Il a remporté le National Society of Film Critics Award de la meilleure photo pour BLUE VELVET et son premier Independent Spirit Award pour Sailor et Lula. Collaborateur régulier de Ang Lee, il a éclairé pour lui The Ice Storm puis Chevauchee avec le diable, le court métrage "The Chosen", et dernièrement Hulk.

On lui doit récemment la photo de Dr. Kinsey de Bill Condon, avec Liam Neeson, Coffee and Cigarettes de Jim Jarmusch, avec qui il avait déjà collaboré sur Une nuit sur terre et Ten Minutes Older, et celle de Mauvais piège de Luis Mandoki, avec Charlize Theron et Kevin Bacon, Storytelling de Todd Solondz, avec Selma Blair, et de Meurtre d'un bookmaker chinois et Opening Night de John Cassavetes.
Frederick Elmes a signé les images de River's Edge et Le Saint de Manhattan de Tim Hunter, Reckless de Norman Rene, Valley Girl, le premier film de Martha Coolidge, Heaven, le premier film de Diane Keaton, et Le miroir vide de Barry Hershey. 

Stephanie Carroll - Chef décoratrice
Collaboratrice régulière de Mira Nair, Stephanie Carroll a travaillé avec elle comme ensemblière sur The Perez Family et Kama Sutra : Une histoire d'amour, avant de passer chef décoratrice sur le Mariage des moussons, lauréat du Lion d’or à Venise, et sur le téléfilm lauréat de l’Emmy et du Golden Globe, "Hysterical Blindness". En 2002, elle a créé les décors du court métrage de Mira Nair de la série "11’09’’01 – September 11 : 11 minutes, 9 secondes, 1 cadre" et a été consultante visuelle sur Vanity Fair.  Elle a récemment été chef décoratrice du film de Manuel Pradal Un crime et travaille à présent sur Definitely, Maybe d’Adam Brooks.

Allyson C. Johnson - Chef monteuse
Allyson C. Johnson retrouve Mira Nair après avoir travaillé sur Vanity Fair et Le mariage des moussons, Lion d’or au Festival de Venise 2001. Elle a monté par ailleurs Fierce People de Griffin Dunne, Prey for Rock 'n' Roll d’Alex Steyermark, et Dinner Rush de Bob Giraldi.
Elle a monté de nombreux documentaires, ainsi que le court métrage de Mira Nair dans le cadre de "11’09’’01 – September 11 : 11 minutes, 9 secondes, 1 cadre". Elle travaillera prochainement sur Evening de Lojos Koltai.

Yukie Kito - Coproductrice
Yukie Kito a entamé sa carrière chez JVC Entertainment Inc. à Los Angeles. Elle est entrée chez Medias Suits Inc. à Tokyo en 1999 et a contribué à la distribution du mariage des moussons de Mira Nair. En 2004, elle est passée chez Entertainment Farm comme directrice générale du département international, et a travaillé sur Un nom pour un autre et The Hottest State d’Ethan Hawke.

Zarina Screwvala - coproductrice
Zarina Screwvala est à l’origine de la création de certains des départements majeurs de UTV et a produit plus de 3500 heures de programmes télévisés primés dans plusieurs langues. Passionnée par les émissions pour la jeunesse, elle a joué un rôle clé dans la création des progammes pour enfants les plus suivis d’Inde. Directrice exécutive de Hungama TV, elle a fait de la chaîne le numéro un des chaînes pour enfants dans un marché dominé par les chaînes internationales. Zarina Screwvala est aussi une réalisatrice de documentaires qui a vu son travail couronné à de nombreuses reprises. Elle est diplômée en économie de la Mumbai University et a été l’un des trois membres fondateurs de UTV, dont elle dirige la création.

Arjun Bhasin - Chef costumier
Arjun Bhasin est né en Inde, à Jamshedpur, et s’est installé à New York en 1992. Il a étudié le cinéma et la photo à la Tisch School of the Arts à New York et la création de mode au Fashion Institute of Technology. Il a entamé sa carrière à New York comme assistant de chefs costumiers renommés. Il a travaillé entre autres sur Search and Destroy de David Salle, Illuminata de John Turturro, Le porteur de cercueil de Matt Reeves, et Kama Sutra : Une histoire d'amour de Mira Nair.  Il a créé les costumes de grands succès de Bollywood comme Dil Chahata Hai, Lakshya, Armaan et Rang de Basanti, pour lequel il a été nommé au Prix National du cinéma indien. On lui doit ceux du mariage des moussons de Mira Nair, Lion d’or au Festival de Venise, Just a Kiss de Fisher Stevens et Loving Jezebel de Kwyn Bader.

Nittin Sawhney - Compositeur
Nitin Sawhney est considéré comme l’un des producteurs de musique les plus originaux et les plus talentueux de Grande-Bretagne. Il compose aussi bien pour le cinéma que pour le théâtre, la télévision, et les jeux vidéo, et écrit aussi ses propres albums. Son album "Beyond Skin" (2000) a été sélectionné au Mercury Music Prize des meilleurs albums de l’année, et a remporté le prestigieux South Bank Show Award. "Prophesy" en 2001, enregistré sur cinq continents avec plus de 230 musiciens, lui a valu plusieurs prix dont un Mobo, un Emma, et le BBC Radio 3 Boundary Crossing Award. On lui doit entre autres l’album de studio "Varekai" pour le Cirque du Soleil. Son dernier album en studio, le septième, s’intitule "Philtre". Il est sorti en 2005.
Nithin a composé ou produit pour Sir Paul McCartney, Sting, Sinead O’Connor, et Joanna MacGregor. Sa plus récente musique de film, pour le film muet de Franz Osten A Throw of Dice, a été jouée en avant-première au Barbican Theater cette année par le London Symphony Orchestra.
Il a été juge aux BAFTA Awards et aux BAFTA TV Awards de la meilleure musique de film en 2005 et travaille actuellement sur la composition de la musique du jeu vidéo "Heavenly Sword", avec Andy Serkis.

Linda Cohen - Superviseur de la musique
Linda Cohen a supervisé la musique de The Night Listener de Patrick Stettner, avec Robin Williams, American Splendor de Shari Springer Berman et Robert Pulcini, lauréat du Grand Prix du Jury au Festival de Sundance, La maison au bout du monde de Michael Mayer, Winter passing d’Adam Rapp et du film musical Camp de Todd Graff. Elle a très récemment supervisé la musique de The Hottest State, écrit et réalisé par Ethan Hawke, et travaille à présent sur Evening et sur le nouveau film de Michel Gondry, Be Kind Rewind avec Jack Black.

Qui sait donc que l’Inde, plus qu’aucun autre pays au monde, a accordé une place essentielle à la femme au point que la moitié des divinités hindoues sont féminines, et que la nation elle-même est femme : "Mother India", la mère Inde ? Manish Jhâ, jeune réalisateur de 24 ans à l’époque du tournage de Matrubhoomi, doit probablement se demander comment son pays en est arrivé là, en lisant un rapport de l’UNESCO faisant état d’un manque de 50 millions de femmes pour cause d’infanticide dans son pays. La naissance d’une fille est considérée dans certaines régions de l’Inde, comme une malédiction. Prenant la caméra comme d’autres prennent les armes, il s’attache à dénoncer l’accablante situation des femmes au travers d’un conte réaliste d’une extrême cruauté.

matrubhoomiOuvrant son récit d’un superbe plan-séquence d’une femme accouchant d’une fille, que l’on noie dans un baril de lait (prémonition d’une fatalité tragique), l’Inde rurale de Manish Jhâ est un monde composé d’hommes prêts à payer cher pour trouver une épouse, les femmes ayant quasiment disparu. Il nous présente non sans humour, des hommes frustrés, asservis à leurs désirs, dont la moindre apparition d’une figure féminine (la séquence du spectacle chanté par le travesti, clin d’oeil aux Boollywooderies) suscite une frénétique excitation. Une séquence dénonçant ironiquement les tradition d’un pays qui respecte plus ses vaches (sacrées), que la femme même, montre un homme allant se soulager dans une ferme, auprès d’une de ces bêtes, après avoir vu un film érotique sur une vieille télé monochrome à l’image tremblotante.

La première partie, volontiers légère présente le portrait d’une société traditionnelle, composée d’hommes brutaux, soulageant leur libido par tous moyens : pornographie, homosexualité, zoophilie. Alors que Ramcharan, homme d’une caste supérieure et père de cinq enfants, déplore ne pouvoir marier aucun de ses fils, le prêtre Jagannath découvre par hasard Kalki, une jeune fille chantant près d’un lac. La suivant, il convainc le père, moyennant une somme d’argent importante, de marier sa fille. Kalki se retrouve ainsi promise à l’aîné, mais ses frères étant si désespérés, elle devient l’épouse des cinq, chacun choisissant un jour de la semaine pour profiter de sa compagnie. La pauvre fille se retrouve vite abusée par les frères, ainsi que son beau père, qui la violent sans considération. Le seul à lui manifester de la tendresse est le fils cadet Sooraj. Mais leur complicité suscite l’ire des autres frères qui tuent Sooraj. Commence alors un long calvaire pour Kalki, aux mains de ses bourreaux, mais aussi victime d’une tragique guerre de caste.

Manish Jhâ a visiblement décidé de heurter notre sensibilité dans le but fort louable de dénoncer une situation des plus effrayantes : la condition des femmes dans l’Inde rurale. En Inde, on recense cinq terribles affronts dont sont victimes les femmes : la coutume du sati (l'épouse se jette sur le bûcher funéraire de son mari), l’infanticide, le sort des veuves, les mariages d’enfants et l’impact de l’Islam. Prenant comme point de départ le constat de la pratique infanticide sur les nouveau-nés filles, il imagine une fable, sorte d’anticipation extrême d’un futur (probable ?) où les femmes auraient disparu.

Grâce à la photographie et au sens de la composition de Venu Gopal, il accentue le réalisme des images, tout en y mêlant la beauté et la poésie d’une Inde mythique. En maître du plan-séquence qu’il utilise à merveille pour suggérer plus que montrer, il dépeint la lente dégradation d’une femme dont la qualité même d’être humain est niée par l’homme. Les seuls qui feront preuve d’une moindre tendresse envers elle, le fils cadet et le jeune serviteur, seront brutalement tués, coupables de compassion. Après tant d’abus, Kalki finit effectivement par perdre toute humanité ; et tel un cadavre livide et souillé, ne réagit plus à la moindre infortune. Seul l’approche de son accouchement, fruit de son humiliation, marquera son réveil. C’est d’ailleurs la seule fois où l’homme fera preuve d’une hypocrite humanité, ceci dans le seul but de réclamer la paternité d’un hypothétique mâle dont il rêve. Si la dernière femme est l’avenir de l’homme, celui-ci semble bien incapable d’en prendre conscience. Prisonniers des traditions et des coutumes, les hommes sont voués à la barbarie et à l’autodestruction. Chez Manish Jhâ, le mythe rejoint aussi la réalité. La déesse Draupadi est mariée à cinq frères dans l’épique récit du Mahabharata ; et le nom Kalki qui est l’incarnation de la déesse Vishnou, sauveur du Monde.

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Bien qu’évitant le piège de la complaisance et du larmoyant, la démonstration tourne parfois à la surenchère, notamment dans la répétition incessante des viols. La caméra ne montre rien qu’un pantalon baissé, ou une file d’hommes attendant leur tour, mais le malaise est d’autant plus grand, parfois jusqu’à l’écoeurement. On comprend assez vite le but de la démonstration, sans qu’il soit utile d’en rajouter. Le film glisse habilement du portrait humoristique de la gente masculine à la tragédie, puis à l’horreur. Manish Jhâ s’est attaqué à un sujet brûlant et ambitieux, au risque de choquer. Mais le scénario, au récit linéaire sans temps morts, brasse trop large. Il introduit une histoire de vengeance, dénonciation des luttes de castes, dont Kalki est une nouvelle fois la victime expiatoire, qui dilue le propos initial et devient un prétexte à la fin naïvement optimiste du film : la fille de Kalki est née, toutes deux sauvées de la mort par le jeune domestique, la mère esquissant un sourire.

Ces quelques maladresses, à mettre sur le compte de la jeunesse, ne doivent pas occulter la découverte d’un réalisateur prometteur, capable de confronter le spectateur à la brutalité d’une situation emblématique des femmes, dans une Inde qui oscille entre féodalisme et arme nucléaire, téléphones portables et misère.

Entretien avec
Manish Jhâ

On pourrait qualifier votre film de féministe. Comment un homme, élevé en Inde, éduqué dans la culture de la domination masculine, peut-il faire un tel film ?

J’ai eu la chance d’être élevé par ma mère, une femme illettrée mais très intelligente, très forte. Mon père, souvent absent parce qu’il voyageait, la respectait. Pourtant, dès que je sortais de chez moi, je voyais ce qui se passait dans la rue. Les femmes exhalaient la peur, la réserve, la soumission. Je ne comprenais pas. J’étais choqué aussi par ce que les garçons du collège infligeaient à ma sœur : les mains aux fesses, les attouchements. Je ne comprenais pas. Chez moi, ça ne se passait pas comme ça. Mais si j’avais vu mon père battre ma mère, la maltraiter, l’insulter, j’aurais certainement perpétué ce modèle, comme la plupart des autres hommes indiens.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire du cinéma ?

Il y a un aspect de la culture indienne que je déteste. Il faut être dans le moule,devenir informaticien ou médecin. Moi, je voulais être moi-même. Je n’imagine pas que je vais changer le monde,mais le cinéma est un média puissant. Certains films ont le pouvoir de transformer votre regard : vous n’êtes plus la même personne après les avoir vus.

Avez-vous enquêté avant d’écrire le scénario ?

Vous savez, j’observe la misère des femmes dans mon pays depuis que je suis né. J’ai grandi dans ce contexte émotionnel. Un film se fait autant avec l’esprit, qu’avec le cœur. Tous les indiens savent que dans certains états, la pénurie de femmes est telle qu’on achète des épouses dans les états voisins, et que parfois même plusieurs frères finissent par se partager la même épouse. Ce n’est pas de la pure fiction. Il est parfois si problématique de trouver une femme que les familles passent outre les barrières des castes et des revenus.

Au Festival de Toronto, on vous a reproché de nuire à l’image de votre pays.

Notre pays est si pauvre que la préoccupation majeure des gens est l’accès à la nourriture, à l’eau, à l’électricité. Je ne les blâme pas,mais la lutte pour la survie relègue tout le reste à l’arrière-plan. Et le reste, c’est ce qui fait de nous des êtres humains. Nous sommes capables de fabriquer des avions et des téléphones mobiles, mais aux yeux de certains les femmes valent moins que ces objets. Pourtant, une femme, comme tout être humain, a le pouvoir de nous émouvoir, de nous toucher.

Outre le thème de l’infanticide qui ouvre le film, vous dépeignez une misère sexuelle extrême...

Le sexe est un problème crucial en Inde, la tension sexuelle est palpable. Mon film montre sur quoi débouche toute cette tension. Tous les gamins de 12-13 ans vont voir des films porno, parce que le  sexe est si tabou qu’ils ne peuvent questionner personne. La sexualité se résume pour eux à la toute puissance de l’homme et la soumission de la femme. Ce qui se passe avant et après le rapport sexuel, le lien amoureux, la tendresse, ils n’imaginent même pas que cela puisse exister.

Et l’image de la femme dans le Bollywood ?

Pour moi, le Bollywood est encore plus dangereux que le porno. Le porno est stupide, il ne provoque aucune réflexion. Le Bollywood est bien plus pernicieux parce qu’il met en place des normes auxquelles se réfèrent les spectateurs indiens : les femmes ont de gros seins et sont traitées comme des objets. Une femme qui fume ou qui boit est une putain. Ce n’est pas bon pour un enfant de grandir dans des schémas pareils.

Dans votre film, presque tous les hommes sont misogynes, et dépravés. Il n’y a que trois personnages masculins à visage humain : l’un des frères qui très vite, va disparaître, et deux jeunes garçons d’une douzaine d’années. Que représentent ces jeunes garçons ?

Je voulais souligner le fait que tous les hommes naissent purs. Un violeur ne naît pas violeur, il le devient. L’enfance n’est pas corrompue. Les parents ont une grande responsabilité,mais comment voulez-vous que des familles si pauvres éduquent cinq enfants, alors qu’elles n’ont pas de quoi les nourrir ? Les enfants sont élevés hors de chez eux par la société. Cette même société qui supprime et punit les femmes. Mon film décrit une situation sans espoir, une société perdue.

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Sauf que...

Sauf que cette femme martyrisée, violée, détruite par tous les hommes qui l’approchent va mettre au monde une fille. Peu importe qui est le père, cette petite fille porte l’espoir. Elle s’appelle Kalki. Dans la mythologie indienne, Kalki naît alors que tout a été détruit. Elle symbolise la renaissance après le chaos, elle annonce un nouveau commencement. Kalki, c’est l’espoir.

Le film s’ouvre sur la naissance d’une petite fille qui n’aura pas le droit de vivre, et se ferme sur une autre naissance. Que va-t-il arriver à Kalki ?

C’est la question que je pose. Le sort de cette petite fille est entre nos mains. En Inde,mais aussi dans le monde entier.A nous de construire une société qui lui offrira la possibilité de vivre sa vie.

Votre film est un acte militant ?

C’est un cri de colère. Mon court-métrage était un message silencieux. “Matrubhoomi, un monde sans femmes” est un cri. A Bombay, un homme très riche est venu me voir après la projection et m’a avoué : “Je me hais. Hier, je suis allé prier au temple pour que ma femme, enceinte, me donne un fils”. Cet homme a entendu. Parfois vous parlez dans le vide, on ne vous écoute pas. Alors, vous frappez un grand coup sur la table et vous hurlez : “Ecoutez-moi”.

Fiche technique

VOSTF - 1h38

Avec : Tulip Joshi (Kalki), Piyush Mishra (Jagannath), Pankaj Jha (Rakesh), Deepak Kumar Bandhu (Shailesh), Sanjay Kumar (Brijesh), Shrivas Nydu (Lokesh), Sushant Singh (Sooraj)
Réalisation, scénario :
Manish Jhâ
Producteurs : Patrick Sobelman, Nicolas Blanc, Punkej Kharabanda
Image : Venu Gopal
Montage : Shrish Kunder & Ashmith Kunder
son : Resul Pookutty
Décors : Wasiq Khan
Musique : Salim Sulaiman
Production : Ex Nihilo & SMG Productions
Distribution en France : Diaphana

Prix reçus

Mostra de Venise 2003 - Prix de la Critique (Fipresci)
Festival de Thessalonique 2003 - Prix du Public
Festival de Florence River to River 2003 - Prix du Public
Festival de Koszalin 2003 - Prix du Public
Festival du cinéma asiatique de Deauville 2004 - Prix de la Critique internationale

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